Le "Cantique des Cantiques" de Roland Magnabosco

Roland MagnaboscoRoland Magnabosco est chef de chœur à Paris, auteur compositeur de musique religieuse ou liturgique, et de pièces instrumentales religieuses ou profanes. Il compose notamment de nombreux chants du Renouveau charismatique, et pour des communautés,. Il a aussi réalisé deux messes commandées par France-culture.
Il produit également des bandes sonores pour le multimédia et le théâtre, ainsi que des fonds sonores d’expositions d’arts plastiques et de sculptures. Il assure enfin des formations chorales et la direction de concerts.
Il a dernièrement créé la musique de « Pomogui ! ou le cri de l’Humanité » (novembre et décembre 2007 - http://ndjasg.perso.neuf.fr/annonces/pomogui20071213.html).
Le Cantique des Cantiques
Ce livre de la Bible, bien que "petit", a inspiré beaucoup de musiciens à travers les siècles, du temps de Palestrina à nos jours… Il est vrai que le texte est fascinant. Lors d'une première approche, il "chante" merveilleusement la quête mutuelle de deux amants qui ne cessent de se chercher même quand ils se sont trouvés. Car chacun pressent que l'autre a une profondeur d'amour toujours plus grande à révéler. Les images de l'Orient disputent leur chatoiement aux parfums capiteux des cèdres et des fleurs et au goût généreux des raisins, grenades et pommes bienfaisantes.
Plus avant, le lecteur, voire le méditant, perçoit que ce Cantique est celui de tout un peuple qui recherche son Dieu comme mystérieusement présent et étrangement à venir. Afin de trouver sa plénitude en lui appartenant. Le chrétien voit se chercher et dialoguer L'Eglise — l'Epouse faite belle — et son Christ, son Roi.
Plus personnellement
Plus personnellement, on peut voir comment Dieu apprend à l'âme à le désirer, le chercher pour le goûter. Le texte inspiré nous en dit encore plus : Dieu lui-même fait son délice d'habiter l'âme qui le désire.
Lorsque ESTIVAL m’a demandé d’écrire une œuvre a capella sur le texte du Cantique des Cantiques, j’ai été intimidé. Car il s’agit d’un livre majeur qui a nourri de grands maîtres spirituels connus ou inconnus depuis vingt-quatre siècles, dont je ne citerai que Origène, Ambroise, Bernard de Clairvaux, Jean de la Croix, Marie de l’Incarnation, Thérèse de Lisieux parmi d’autres. Je me disais, dans ma naïveté, qu’il me fallait d’abord bien l’assimiler avant d’oser en produire une version musicale, pour ne pas pousser l’auditeur au contre-sens !… Jusqu’à ce que je comprenne que ce n’était pas à moi qu’incombait d’instruire l’auditeur de ce que Dieu seul veut lui mettre dans le cœur. Finalement, je ne serai que l’obscure abeille qui fournit par son être le miel d’un jasmin au parfum délicieux. Retenez plutôt le nom de la fleur et admirez son Jardinier !
Le choix esthétique
Le siècle passé a ouvert la voie de la musique à des univers sonores allant de la dodécaphonie à la polyharmonie, du néoclassique post-wagnérien ou post-debussyste au free-jazz et simultanément au rap plus ou moins poétique et aux patchworks new age. Pour ma part j’aime que ma musique puisse être comprise par le plus grand nombre. Nourri au lait de Beethoven et Liszt, je me suis laissé imprégner par les polyphonies de la Renaissance, puis les musiques slaves, le chant yiddish et la musique des hongrois Kodály et Bartók, tous deux du même terreau que mes aïeux.
Pour ce texte de la Bible, j’ai usé des références modales et même des rythmes de danses de l’Orient. Car le poème est né dans une terre et un temps définis au Vème siècle av. J.C., en terre recouvrée par les Juifs revenus de l’Exil. Voyez la Belle et le Roi, voyez Pharaon, voyez le Liban, En Gaddi, Saron et Jérusalem. Goûtez les pommes mûries au soleil, les grenades, les vignes. Le sens plus profond est traité soit par la superposition polyphonique, soit par des couleurs modales ou harmoniques particulières.
Roland Magnabosco

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